La révolution dans le monde de l’épuration de l’eau viendra-t-elle de l’université de Berkeley ?

Peut-être, car c’est dans cette université que travaille Baoxia Mi, une scientifique américaine d’origine chinoise qui développe un filtre au graphène qui pourrait bien surpasser tout ce qui existe en technologie de filtration de l’eau actuellement.

Née en chine, dans la petite ville de Zhengding, dans la province du Hebei, la scientifique a été très tôt sensibilisée à la nécessité de protéger l’eau et l’environnement.

« Quand mes parents étaient jeunes, il y avait beaucoup de rivières et de petits lacs dans ma région. Mais quand j’étais enfant, la plupart des petits lacs étaient à sec, je ne veux pas que l’environnement continue à se détériorer avec le temps comme là ou j’ai grandi. » déclare-t-elle.

 Sur le campus de l’université américaine de Berkeley, Baoxia Mi est une pionnière dans la recherche de technologies de traitements des eaux

 Un filtre à l’oxyde de graphène.

 La membrane développée par Baoxia Mi est composée du même matériau que celui que l’on trouve à la pointe de nos crayons, l’oxyde de graphène.

La scientifique Baoxia Mi et son filtre graphène. Photo : Kristine wong

 L’oxyde de graphène est fabriqué à partir de minces couches de carbone, un matériau commun et très peu couteux.

Les scientifiques se sont souvent intéressés à ce matériau qui a pour avantages d’être solide, léger, bon conducteur de chaleur et d’électricité.

L’oxyde de graphène a souvent été annoncé par les scientifiques comme un matériau particulièrement prometteur pour une utilisation dans une gamme d’applications liées à l’environnement.

Le matériau trouve d’ailleurs sa place dans la conception de nombreux projets écologiques tels que le stockage de l’énergie, la production de carburant propre à partir d’hydrogène ou l’élimination de la pollution de l’air.

Baoxia Mi affirme aujourd’hui que les membranes à base de graphène ou d’oxyde de graphène sont capables d’éliminer plus efficacement les contaminants des eaux usées (produits pharmaceutiques, agents pathogènes et perturbateurs endocriniens compris) que les méthodes actuelles.

D’après la scientifique, ces membranes pourraient être utilisées pour le traitement des eaux usées, des eaux pluviales, et le dessalement.

Dans le passé déjà, des scientifiques ont fabriqué des membranes en utilisant un matériau proche, l’oxyde graphitique, mais elles se montraient peu efficaces.

À cause de la taille et de la structure de la matière, explique Baoxia Mi « l’oxyde graphitique est une grande particule contenant de nombreuses couches de carbone, de sorte que la membrane résultante est épaisse, avec un taux de filtration d’eau très faible. »

Problème résolu avec l’oxyde de graphène, ce matériau à deux dimensions permet aux scientifiques des empilements de « feuilles » en très fines couches, qui une fois collées ensemble forment des membranes très performantes.

La scientifique ajoute qu’il y a un autre avantage pratique à l’utilisation

de ces membranes : parce qu’elles fonctionnent avec un processus de séparation physique, leur utilisation peut être étendue  tant aux grandes installations de traitement, qu’au niveau des ménages, voire raccordés à un robinet.

Dans le futur, l’oxyde de graphène remplacera-t-il le charbon actif dans les filtres à eaux de nos appareils ? La question reste posée.

En attendant des tests à plus grande échelle, cette nouvelle application pour l’oxyde de graphène éveille l’intérêt des entreprises et des collectivités. Une affaire à suivre.