Le chlore est le moyen le plus couramment utilisé pour la purification de l’eau du robinet, cet oxydant très efficace agit en dégradant les matières organiques, dans le monde 80 % des eaux de distribution sont traitées au chlore.

Pourtant, la présence de chlore dans l’eau du robinet soulève régulièrement des questions :

Boire de l’eau chlorée a-t-il une influence sur la santé ?

Peut-on se débarrasser du mauvais gout qu’il donne aux boissons ? Peut-on en définitive se passer du chlore dans nos réseaux ?

Les voyageurs le savent bien, l’eau du robinet n’a pas le même gout partout dans le monde et le responsable c’est bien souvent le chlore : la stratégie classiquement utilisée par les collectivités pour protéger les populations est de distribuer de l’eau avec un résidu de chlore, en empêchant la prolifération de pathogènes transportés par l’eau.

Si en fonction des pays et des régions la différence de teneur en chlore change le gout de l’eau, dans le monde avoir de l’eau chlorée au robinet, c’est la norme.

Pourtant, le chlore dans l’eau ce n’est pas une nécessité.

Dans un article publié dans le magazine Science, le chercheur Urs von Gunten de l’EPFL et ses collègues de la Swiss Federal Institute of Aquatic-Science and Technology (EAWAG) affirme que l’on pourrait se passer du chlore, à condition que d’autres barrières protectrices soient mises en place. 

Avoir une eau de bonne qualité.

 Trois qualités sont à prendre en compte pour déterminer la qualité de l’eau du robinet : la qualité de la source, du traitement, et du réseau de distribution.

 

Des expériences menées aux Pays-Bas, en Allemagne, en Autriche et en Suisse ont montré que lorsqu’aucune de ces conditions n’était compromise, le nombre de contaminations liées à des maladies véhiculées par l’eau est faible, même plus faible que dans les pays qui ajoutent des désinfectants chimiques à leur distribution d’eau afin de compenser des réseaux mal entretenus, un traitement de l’eau insuffisant ou des sources contaminées.

Une eau trop chlorée au robinet c’est souvent le signe d’un réseau vétuste ou pollué.

Les chercheurs précisent toutefois que renoncer à l’adjonction de chlore a un prix : il faut protéger les nappes phréatiques, surveiller soigneusement le traitement de l’eau et veiller attentivement à l’entretien du réseau de distribution.

 Alors, demandera l’économiste pourquoi se passer du chlore dans les réseaux ?

Après tout, des filtres à eau ou des carafes filtrantes suffisent à purifier l’eau.

Eh bien là où on a pu se passer du chlore, les avantages vont au-delà de l’amélioration du goût de l’eau. Ils sont aussi sanitaires.

 Car si les effets sur la santé de l’absorption régulière de petites quantités de chlore sur une longue période ne sont pas connus. On sait en revanche qu’en réagissant avec la matière organique présente dans l’eau potable, cela peut conduire à la formation de sous-produits de désinfection… dont certains sont potentiellement cancérigènes.