L’eau est indispensable à la vie sur terre. Les scientifiques estiment que cet élément est également nécessaire pour l’apparition de la vie ailleurs dans l’univers. Ainsi, identifier la source originelle de l’eau terrienne est l’une des clés pour comprendre comment un environnement favorable au vivant se crée et où il pourrait voir le jour ailleurs dans l’univers.

Dans une étude récente publiée dans le magazine Science, un groupe de chercheurs démontre que la plus grande partie de l’eau de notre système solaire a pour origine des glaces formées dans l’espace interstellaire. Nous buvons de l’eau extraterrestre. 

Il y a de l’eau partout dans notre système solaire. Pas sur terre uniquement, puisque l’on en trouve sur d’autres planètes, dans les comètes, les lunes et les météorites. Des traces d’eau ont été découvertes dans des météorites martiennes et lunaires.

Les comètes et les météorites sont de véritables «  capsules temporelles », ces objets primitifs ont figé dans leur matière des éléments qui renseignent sur les conditions régnant durant les premiers instants de notre système solaire. Les glaces qu’ils contiennent en particulier ou qui les constituent sont porteuses d’enseignement précieux pour comprendre la nature des glaces originelles, celles qui entouraient le soleil peu après sa naissance.

De la glace autour du soleil ?

Dans sa toute première jeunesse, le soleil était entouré d’un nuage de gaz ( ou disque d’accrétion) contenant toutes les matières entrant dans la formation de notre environnement( dont de l’eau sous forme de glace) , ce disque protoplanétaire c’est la nébuleuse solaire.

C’est de cette nébuleuse solaire que naîtront les planètes que nous connaissons.

Ce que les chercheurs ignoraient encore, c’était l’origine de la glace contenue dans la nébuleuse solaire. Était-elle née d’un nuage moléculaire interstellaire ?

Ou, était-elle le résultat des réactions chimiques ayant lieu dans la nébuleuse solaire ?

Et…en quoi est-ce si important?

Si l’eau des débuts du système solaire  provient de glaces interspatiales, alors le même type de glace, riche de matériaux prébiotiques abondent dans la plupart, voire tous les disques protoplanétaires des étoiles en formation. Si en revanche, l’eau présente à la formation de notre système solaire est le résultat de processus chimiques locaux, alors la quantité d’eau présente lors de la formation des systèmes planétaires pourrait considérablement varier, ce qui évidement aurait des conséquences sur l’apparition de la vie elle même.

En étudiant l’histoire des glaces de notre système solaire, l’équipe d’hommes de science menée par L. lsedore Cleeves de l’Université du Michigan s’est concentrée sur l’hydrogène et son isotope le plus lourd, le deutérium. Les isotopes sont des atomes d’un même élément doté du même nombre de protons, mais d’un nombre différent de neutrons. Cette différence de masse fait que les isotopes présentent de subtiles variations de comportement durant les réactions chimiques. En conséquence, le ratio entre la présence d’hydrogène et de deutérium dans les molécules d’eau renseigne les scientifiques sur les conditions dans lesquelles se trouvaient ces molécules à leur naissance.

L’eau des glaces interstellaires a un ratio élevé deutérium/hydrogène parce qu’elle se forme à de très basses températures. 

Seulement voilà, jusqu'ici, on ignorait quelle quantité de deutérium pouvait être retranchée par les processus chimiques prévalant à la naissance du soleil, ou quelle quantité d’eau glacée, riche en deutérium, le tout jeune système solaire était capable de générer seul. 

Alors, l’équipe de scientifiques a créé un modèle informatique simulant un disque proto planétaire dans lequel tout le deutérium provenant des glaces spatiales avait été éliminé, et le système a été lancé à « vide », libre de produire son propre deutérium durant un million d’années. Ceci, afin de déterminer si le système s’avérait capable d’atteindre les ratio hydrogène/deutérium couramment rencontrés dans les fragments d’astéroïdes, les océans terriens, les capsules temporelles contenues dans les météorites…

Et ils ont découvert que le ratio deutérium/hydrogène n’était pas atteint.

Constat : Une grande partie de l’eau de notre système solaire provient des espaces interstellaires et est née bien avant le soleil !

Alors, quand vous passerez votre eau au travers de votre filtre à eau pour réfrigérateur américain n’oubliez pas, que vous buvez une eau extraterrestre bien plus vieille que le soleil.