Le café le plus cher du monde n’est pas le fruit du travail acharné d’un torréfacteur de génie ayant réussi à mélanger les arômes, arabica et robusta de la manière la plus subtile pour tirer un breuvage d’exception d’une machine expresso avec filtre à eau dernier cri.

Non, le café le plus cher du monde est le produit du travail du paradoxurus.

Le paradoxurus ? Mais qu’est ce donc ?

Le paradoxurus, ou civette palmiste, est un petit mammifère du Sud-est asiatique qui  ressemble un peu  à une fouine. L’animal est un vorace dévoreur de récolte  qui a été durant un temps, considéré comme nuisible dans les régions où il vivait, jusqu’à ce qu’un jour il devienne un allié précieux pour les producteurs de café indonésien. 

La civette palmiste se nourrit des baies de café mûres, mais il est incapable d’en digérer les grains, il les défèque donc intacts. Et c’est au moment du passage des grains dans le système digestif de la civette, qu’un miracle se produit. Dans le ventre de la bête une combinaison d’enzymes entraîne une fermentation naturelle, des réactions chimiques qui donnent un goût unique aux grains de café.

Au XVIIe siècle, les Néerlandais interdisaient aux locaux de cueillir les grains sur les plantations. Les Indonésiens récupéraient les grains rejetés dans les fientes de la civette. C’est ce café découvert par les plus démunis qui est aujourd’hui un breuvage de luxe : le Kopi Luwak.

Le mode de production inédit de ce café demande beaucoup de temps et de main d’œuvre.

Une fois récupérés dans les déjections de l’animal, les grains de café sont lavés, débarrassés de leurs coques au mortier, les grains sont ensuite triés, puis mis à sécher au soleil et enfin torréfiés.

Pour déguster une tasse de Kopi Luwak, l’amateur devra débourser plus de 80 euros, et s’il désire emporter un sac de 500 grammes de ces fèves à la maison il lui en coutera environ 1000 euros. 

Ceux qui ont eu la chance de boire de ce café rare le décrivent comme un café aux saveurs riches et intenses avec des notes de caramel et de chocolat, au corps presque sirupeux.

Pas de doute, pour les producteurs de café la poule aux œufs d’or est un une civette palmiste.