Quand on pense réduction de l’empreinte carbone et de la consommation d'électricité, on n’imagine généralement pas en premier lieu qu’il puisse être judicieux d’éteindre son téléphone portable. Et pourtant, à en croire le rapport « Internet commence avec le charbon », écrit par Mark Mills, PDG du cabinet de conseil en énergie et technologies Digital Power Group :  si l'on prend en compte les besoins en énergie de la batterie, du WiFi, des téléchargements et échanges de données, un iPhone ( ou tout autre smartphone) consomme en moyenne 361 kilowatts/heure par an, contre 322 kWh pour un réfrigérateur.

 

Cette estimation a suscité des réactions critiques. Ainsi Le centre de l’efficacité énergétique des communications de Melbourne estime notamment que chaque giga-octet de données équivaut non pas à 19 kW-h comme l’affirme Mark Mills, mais à 2 kW-h de consommation énergétique. En partant de la moyenne de consommation de 19 Go par an, le total s’élève à 36 kW-h annuels... Bien loin donc des 361 kW-h annuels.

Le rapport Mark Mills, financé par l'Association nationale des mines et la Coalition américaine pour une électricité au charbon propre, vise surtout à démontrer que l’économie numérique demeure bien plus énergivore qu’on ne le soupçonne. Les florissantes industries des technologies de l'information et de la communication (TIC) exigent et exigeront encore davantage d'énergie. Le magazine américain The Times affirme : « On utilise déjà 50 % d'énergie de plus pour faire circuler des octets que pour déplacer tous les avions du monde »

Nous sommes à l’ère du tout numérique ! Les TIC qui comprennent entre autres les smartphones, les ordinateurs fixes, les portables et les téléviseurs numériques pèsent  1 500 téra Watt-heure d'électricité consommée par an, pour 10 % de la production mondiale. Ce qui correspond à la production électrique de pays comme l'Allemagne et le Japon, ou encore à une quantité d'électricité suffisante pour éclairer toute la planète en 1985. 

Et, rapporte The Times, le processus n’est pas prêt de s’arrêter, il s’accélérerait plutôt ! « Des ordinateurs des salles de trading aux centres de données massifs en passant par votre iPhone, il n'y a pas de pause »

Nous sommes de plus en plus nombreux à utiliser des appareils connectés (le nombre d’utilisateurs a été multiplié par 20 en 5 ans), en 2014 nous serons plus d’un milliard  d’utilisateurs. Les appareils utilisant la technologie WiFi nous sont devenus indispensables (le téléchargement d’un film en haute définition consomme davantage d’énergie que pour fabriquer et transporter un DVD du même film). Les TIC fonctionnant en continu  sont de plus en plus puissants, de plus en plus énergivores.

Ne serait-il pas temps que l’efficacité énergétique de nos appareils électroniques soit mise sous contrôle comme cela a été fait pour nos ampoules, nos climatiseurs, et nos réfrigérateurs ?