Dessaler l’eau de mer est un processus complexe et coûteux que seuls les pays les plus riches peuvent se permettre.

Aujourd’hui, on estime qu’il en existe un peu plus de 13 000 stations dessalement dans le monde et la moitié d’entre elles se trouvent dans les pays les plus riches du Moyen-Orient.

La plus importante des usines de dessalement se trouve Ashkelon en Israël, on en rencontre également aux Émirats Arabes Unis et de nombreuses autres le long des littoraux saoudiens... 

L’usine de dessalement d’Ashkelon en Israël

 Seule une élite peut se permettre les coûts de ces installations industrielles, sans compter les dépenses qu’elles impliquent en énergie et en transport.

 Ainsi dans les pays d’Afrique subsaharienne  la majorité des populations n’a pas accès à l’eau potable.

Mais peut-être cela va-t-il changer grâce au travail d’une équipe de chercheurs égyptiens de l’université d’Alexandrie.

 Les chercheurs égyptiens ont conçu une technique de dessalement appelée, pervaporation, qui permettrait d’éliminer le sel de l’eau de mer et la rendre potable, et ce pour un cout modique.

Les filtres a eau utilisés dans leur dispositif sont des membranes synthétiques spécifiquement conçues pour filtrer les grosses particules de sel et les impuretés de l’eau de mer.

Le sel se dépose d’un côté, le liquide s’évapore de l’autre. Et la vapeur récupérée redevient de l’eau potable.

Les membranes qu’ils ont conçues ont l’énorme avantage de pouvoir

etre fabriquées dans n’importe quel laboratoire en utilisant des matériaux bon marché et disponibles localement, de plus l’évaporation ne nécessite pas d’électricité.

Cette méthode peu coûteuse est adaptée aux zones ou l’alimentation électrique est problématique, une excellente nouvelle pour tous les pays en voie de développement.

De plus le système égyptien pourrait rendre de précieux service pour l‘épuration des eaux boueuses ou usées.

Les chercheurs ont combiné leur expertise en océanographie, en génie chimique, en génie agricole et en ingénierie des biosystèmes pour trouver la solution, et leur travail vient d’être publié dans la revue Water Science and Technology.

Helmy El-Zanfaly, professeur au centre national égyptien de recherche sur l’eau déclarait :

« La technologie mise en œuvre dans l’étude est beaucoup mieux que l’osmose inverse, la technologie actuellement utilisée en Égypte et la plupart des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord »,

Cette technologie serait aussi plus efficace pour dessaler l’eau fortement concentrée en sel « comme celle de la mer rouge » ajoutait Helmy El-Zanfaly. 

Et si pour l’instant, les chercheurs doivent encore effectuer des tests grandeur nature afin de valider leur système, il est certain qu’une innovation de ce type pourrait avoir un impact énorme sur la vie de millions de personnes.