Dans le film Hibernatus on voyait l’acteur Louis de Funès surgir des glaces, et ressusciter après des années de congélation.

Aux États-Unis et dans certains pays d’Europe, certains sont prêts à débourser des dizaines de milliers d'euros pour faire congeler leur corps à très basse température après leur mort dans l'espoir que la science les ranimera un jour. Ils prennent grâce à la cryogénisation, un pari sur l’avenir, dont la réalisation, demeure encore aujourd’hui du domaine de la science-fiction. 

Mais la cryogénie, jusqu’ici marginale, semble sur le point de s’avérer apte à sauver des vies. Aux Etats-Unis, des chercheurs de l'Université d'Arizona, utilisent une technique consistant à refroidir le corps de blessés par balle ou par arme blanche afin d’offrir plus de temps aux chirurgiens pour opérer.

En cas de blessures par balle ou par arme blanche les victimes perdent très rapidement des flots de sang, les techniques habituelles de réanimation s’avèrent bien souvent inefficaces, car trop longues à mettre en oeuvre, les chances de survie suite aux blessures graves de ce type sont estimées à 10 %. C’est pour augmenter ces chances que les scientifiques envisagent de refroidir leurs patients à 10 °C.

La technique développée par les chercheurs de l'Université d'Arizona a été testée avec succès sur 2.000 porcs et devrait d’ici peu être applicable aux patients humains au centre de médecine de l'Université de Pittsburgh.

En médecine, le principe de refroidissement du corps est connu depuis l’antiquité.  Dans nos hôpitaux modernes, il est couramment utilisé chez les adultes dans les services de réanimation et pour les nourrissons souffrants d'hypoxie qui sont alors placés sous couverture hypothermique, les organismes sont maintenus à une température de 33,5℃.

Toutefois, cette technique reste problématique. Car si on sait sans difficulté abaisser la température d’un corps, il est bien plus compliqué de la faire remonter progressivement sans engendrer de lésions.

Aux États-Unis la technique qu’emploieraient les scientifiques consisterait à remplacer le sang par une solution saline froide, injectée par une canule placée dans l'aorte. Une fois le corps refroidi, la consommation d’oxygène baisse, l’activité cellulaire diminue, un processus qui a pour conséquence un ralentissement de la dégradation des tissus. Les chirurgiens gagneraient un délai supplémentaire de deux heures pour intervenir sur leur patient.

On ne réveille pas encore les morts mais on préserve l’étincelle de vie des vivants. Les cryogénisés vont devoir patienter.