À la fin de la Première Guerre mondiale, les États-Unis s’engagent dans une ère de modernisation et découvrent la société de consommation.

Durant cet âge d’or américain, la croissance explose, l’industrie produit en masse de nouvelles merveilles technologiques (automobiles, robots ménagers, lave-linge, réfrigérateurs avec filtre à eau, radios…), alors que l’immigration dynamise le pays. Parmi ces immigrés arrivent les Irlandais et les Écossais, avec dans leurs valises leur savoir-faire en matière de distillation.

L’expertise de ces bouilleurs de cru se répand sur le territoire. L’alcool coule à flots.

Un mouvement conservateur dénonce les effets des boissons alcoolisées sur le comportement des hommes.

Les conservateurs s’organisent et parviennent à faire interdire l’alcool dans 32 États.

La prohibition est née.

Pour le malheur de certains.

La prohibition qui dura de 1919 à 1933 fut le point de départ d’un vaste marché de contrebande d’alcool dirigé par la mafia italo-américaine. Elle fera naitre des fortunes et des stars du crime tel Al Capone. 

Repérer, contrôler, exploiter.

Les mouvements mafieux sont réactifs, ils ne passent jamais à coté d’une bonne affaire, ils repèrent le besoin, contrôlent la ressource et la vendent selon leur terme.

À Karachi au Pakistan la ressource précieuse c’est l’eau potable, et pour en avoir il faut l’acheter à la mafia locale.

Karachi est la plus grande ville du Pakistan, en 60 ans elle a vu sa population passer de 500 000 à 20 millions d’habitants.

La ville pompe environ 2,2 milliards de litres d’eau par jour au fleuve Indus et à la rivière de Hub, malheureusement suite à des canicules à répétition ces deux sources sont quasiment à sec. Elles ne suffisent pas à répondre à la demande d’une ville dopée par l’insatiable industrie textile qui emploie des armées d’ouvriers. Les aciéries et les usines textiles avalent chaque jour des centaines de millions de litres d’eau pour confectionner tissus, t-shirts et jeans qui seront exportés en Occident. 

Et quand il y a de l’eau dans le fleuve elle n’arrive pas aux maisons, la mafia creuse des tunnels et se branche sur les tuyaux de la ville et siphonne l’eau afin de la revendre ensuite à prix d’or dans la ville.

Pour boire, les habitants sont contraints de s’en remettre aux mafieux qui contrôlent le secteur lucratif de l’eau.

Une famille paie jusqu’à 15 dollars par mois pour une eau pas toujours potable.

« Des groupes armés ont mis sur pied leur propre réseau de distribution dans les quartiers et tirent profit de la pénurie », explique Iftikhar Ahmed Khan, un cadre de la Compagnie publique des eaux. 

Le Pakistan est le quatrième plus grand consommateur d’eau au monde, mais aussi l’un des pays qui en manque le plus.

Près de 35 % des quelques 182 millions de pakistanais n’ont pas accès à l’eau potable.

En 2030, Karachi devrait compter 30 millions d’habitants avec la perspective de voir la crise de l’eau devenir le plus important enjeu dans le pays.